25.07.2007
Sarkozy, sauveur des infirmières bulgares
Devant cette belle unanimité, il me paraît intéressant de vous révéler l’hypothèse sur laquelle le Conseil Scientifique du Parti Socialiste planche d’arrache-pied depuis quelques jours :
« et si elles étaient coupables ?... »
Voilà une hypothèse, qui, si elle venait à être vérifiée, présenterait l’immense avantage de décrédibiliser totalement le Chef de l’Etat...
Mais ne rêvons pas. D’après mes informations exclusives, les experts du PS butent sur un problème de taille qui les empêche de valider cette théorie : elle est stupide.
Et ce « think tank » scientifique, ultime refuge des esprits cartésiens de gauche, éprouve le plus grand mal à défendre une position à la con (surtout depuis le départ de Claude Allègre).
Instiller le doute dans l'opinion publique ne sera donc pas chose aisée. Les médias ne vont pas nous faciliter la tâche, tant ils collent à la ligne officielle : il n’y aurait pas à remettre en question l’absolue innocence des infirmières et du médecin bulgares.
(A noter que ce médecin a été surtout présenté comme « palestinien » quand il était condamné à mort, maintenant qu’il est libre, on le dit « naturalisé bulgare »... tiens tiens ! Comme c’est étrange... Ah ah !
Hum, en fait c’est pas étrange du tout, il doit certainement y avoir une explication, c’est juste que j’aimerais renouveler le stock d’expressions bateau de type « quand il gagne il est français, quand il perd il est noir », à chaque fois on nous ressort Noah à Roland-Garros 83, c’est lassant...)
Aidons le PS ! Refondons la Gauche ! Prouvons la culpabilité des infirmières bulgares !
Ca ne devrait pas être si difficile : leur meilleur alibi réside dans le témoignage du professeur Luc Montagnier, qui a expliqué la propagation du virus par le manque d’hygiène dans l’hôpital.
Mais je vous pose la question : depuis le Sida, qu’a découvert Luc Montagnier ?
Voilà, je crois que tout est dit, pas la peine d’en rajouter...
... encore heureux qu’on parle de Sida, sinon le témoignage de ce type aurait zéro pertinence.
Et puisque l’on convoque des « scientifiques » à la barre, pourquoi ne pas citer aussi les travaux de Lavater, le pionnier de la physiognomonie, ou l'art de connaître les hommes par leur physionomie ?

Vous pouvez citer tous les rapports d'experts visant à blanchir les infirmières, il y a quand même des visages qui ne trompent pas.
Le brushing, la blondeur, le regard acier : tout évoque le sang-froid de la tueuse professionnelle qui devine qu'à sa sortie de prison, une juteuse carrière de méchante l'attendra dans le prochain James Bond.
Je crois que nous disposons désormais de bases médicales solides pour que naisse au moins une suspicion légitime envers ces femmes monstrueuses et envers tous leurs affreux complices qui ont oeuvré pour les sortir de leurs geôles.
La Science a fait son travail, il est temps maintenant de passer le relais au procureur afin qu’il puisse dresser son terrible réquisitoire... et j’ai justement ces quelques notes à proposer à un Arnaud Montebourg (au hasard) :
" M. Sarkozy vide les caisses de l’Etat français... livre les secrets de l’arme nucléaire à la pire dictature que l’histoire ait jamais connue... engage la responsabilité de la République dans une mission rocambolesque... y expose la vie de la première Dame de France (Note : Kouchner lui en veut à mort)... tout cela pour libérer 5 Bulgares qui vont à coup sûr profiter de l’élan de sympathie du peuple de France et de la pénurie d’infirmières au sein de nos établissements de soin pour venir exercer leurs funestes talents de ce côté-ci des Alpes !M. Sarkozy, j’entends déjà Nadine Morano vous défendre de mes formidables coups de boutoir en prétendant que vous n’avez fait que remettre le sort des infirmières entre les mains des autorités bulgares, en vous contentant d’arracher leur extradition.
Mais qui peut croire qu’un procès équitable les attende dans leur propre pays ? C’est à une parodie de justice qu’il faut s’attendre ! A l’heure où la Bulgarie fait des pieds et des mains pour rentrer dans l’Union Européenne, jamais la Cour de Cassation Suprême de Sofia ne prendra le risque de contrarier Nicolas Sarkozy, le nouvel homme fort sur l’échiquier géopolotique, celui qui deale avec Kadhafi et trinque avec Poutine.
(clique sur ce lien pour voir une vidéo de ouf ! Franchement c’est abusé www.motion.net/video/x2_nicolas-sarkozy-bourre-au-g8)
M. Sarkozy, pour reprendre votre propre formule, laissons la police lybienne faire son travail !
(Et tant pis si ce travail consiste à fabriquer des preuves, torturer pour extorquer des aveux et escorter Cécilia entre l’aéroport et le palais présidentiel).
M. Sarkozy, vous qui êtes parfois si prompts à dénoncer la clémence de nos tribunaux de banlieues, d’où vous arrogez-vous le droit de remettre en liberté 5 tueuses en série patentées ? Hein d’où ?

Quand même, c'est pourtant clair, non ?
... ou alors c’est parce que c’étaient des enfants arabes les victimes, c’est ça ? Alors c’est pas grave ? C'est comme quand Carl Lewis court vite il est français, quand il court pas vite il est dopé ? C’est ça hein, de toute façon c'est toujours pareil !
M. Sarkozy, vous faites preuve d’un tel laxisme dans votre politique pénale internationale qu’à côté de vous, Monsieur le Président, le juge pour enfants de Bobigny, c’est Hitler.
Merci, à bientôt.
»
Vraiment, j'aimerais qu'on découvre que ces infirmières sont finalement coupables. Ce serait trop drôle !
12:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infirmières, bulgares
16.06.2007
Les élections sont-elles pliées ?
Dans la série "mieux connaître son candidat UMP", je vous présente la mienne.

Un peu de travail manuel pour révéler le vrai visage de la droite locale... Un bricolage légitime car le verso de ce document avait recours à un type de manipulation bien plus pernicieuse.
Comme le rapporte l'hebdomadaire Marianne (06/06/07) :
[... Sur la profession de foi, expédiée à l'ensemble des électeurs du Xe arrondissement de Paris, la candidate UMP s'est prévalue d'un petit mot de recommandation, indûment attribué à Bernard Kouchner. « Lynda Asmani est emblématique de cette nouvelle génération de politiques qui combat pour les droits de l'homme que j'ai toujours eu à cœur » lui aurait écrit le french doctor. Non moins flatteuses, un peu plus bas sur le document, figurent quelques lignes imputées à Martin Hirsch, l'actuel Haut commissaire aux solidarités actives. L'ancien président d'Emmaüs se dit certain que « Lynda Asmani sera entendue de la majorité présidentielle dans sa lutte contre les inégalités ». De quoi troubler les électeurs de gauche, dans une circonscription où Ségolène Royal a dépassé la barre des 60%.
Seul hic : les deux intéressés n'ont tout simplement jamais écrit ni prononcé ces mots. Et l'ont fait savoir dans un démenti publié la semaine dernière. Martin Hirsch y précise même qu'il n'a « jamais rencontré cette candidate » de toute sa vie. Quant à Bernard Kouchner, la candidate reconnaît que « ce n'est pas un ami intime », qu' elle l'a déjà « rencontré » mais qu'elle ne lui a jamais « été présentée personnellement ». ...]
Une façon toute personnelle de pratiquer "l'ouverture".
10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asmani, mange, son, nez
15.06.2007
Des images insoutenables
J'analysais dans un précédent post les parallèles étranges entre l'Indonésie et le fonctionnement de la démocratie française.
J'y songe de nouveau aujourd'hui, à quelques heures du deuxième tour des législatives, alors que les partis de gauche tentent de mobiliser leurs électeurs en évoquant la menace d'un "tsunami" électoral.
Je trouve qu'il y a un certain cynisme dans cette façon d'utiliser le mot de "tsunami", un terme dont le caractère horrifique est devenu légendaire dans les circonstances tragiques que l'on sait.

Utiliser "tsunami" relève finalement d'une stratégie assez grossière, visant à implanter chez l'électeur potentiel un réflexe pavlovien de type :
UMP = Tsunami = Mort.
Comprenons-nous bien : je ne veux interdire à personne le droit d'évoquer la probable "vague bleue". Simplement je préconise l'emploi du terme "raz-de-marée" pour la désigner.
Il me semble plus adapté, car il rend justice à l'ampleur moyenne de la catastrophe qui se prépare, sans pour autant charrier dans l'imaginaire collectif des images atroces et hors de propos.
Et si l'on insiste pour parler de "tsunami" ou de "cataclysme", il faudrait pouvoir appliquer ces mots à un autre phénomène. Un phénomène aux dimensions véritablement tsunamiques, qui s'est produit pendant ces élections législatives et qui n'est certainement pas la défaite de la gauche.
Qu'ai-je en tête ?
Je veux parler de ces images insoutenables diffusées récemment au journal de 20H00 et qui font immanquablement écho à celles reçues d'Indonésie en janvier 2005
Des corps. Sans vie. Alignés sur une plage.
Imaginer les mêmes, quelques semaines auparavant, plein d'enthousiasme. Les mêmes et pourtant si différents. "On" louait leur vitalité, "on" les félicitait à tour de bras. Bon père, mari fidèle et citoyen exemplaire ! Tout cela balayé en quelques secondes. Et bien sûr, "on" garde un silence pudique sur cette douloureuse transformation, afin de ne vexer personne. Vaine pudeur : comme s'ils avaient une seule chance de revenir parmi nous...
Des corps. Sans vie. Alignés sur une plage.
Pourrissant sous le soleil, dans un état de décomposition mentale avancée, certains trouvent encore la force de délivrer une ultime parole face à la caméra qui se repaît du spectacle de leur agonie. Un dernier sursaut, une excuse, un regret ?
"Il faisait trop beau pour aller voter".

Abstentionnistes, vous êtes répugnants.
15:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : abstention, législatives
30.09.2006
Islam Indonésien, Démocratie Jospin

A la lecture d'un récent Courrier International (14 septembre), on mesure le péril que représente la montée de l'islamisme en Indonésie. Que ce soit dans le journal intime d'un terroriste ou dans les manifestations orchestrées par les intégristes, c'est le même refus de la démocratie qui s'affirme avec virulence.
Paradoxalement, c'est la fin du régime autoritaire de Suharto en 1998 qui a permis à ces groupes religieux de faire entendre leur voix : dans certaines régions, ils parviennent peu à peu à imposer démocratiquement l'instauration de la Charia, loi coranique fondamentalement anti-démocratique...
La démocratie est-elle soluble dans l'islamisme ? Terrible question... Pourra-t-elle compter sur ses fidèles défenseurs pour éviter de connaître le triste sort du café, dans l'eau ? Suspense insoutenable... Cet article ressemblera-t-il encore longtemps à un éditorial du Point ? Non.
On bascule en effet dans le comique quand Courrier International nous apprend qu'une organisation de citoyens démocrates (la Garda Bangsa) entend lutter contre la menace islamiste.

Des "techniques magiques" comme dernier rempart pour sauver la démocratie !? Des guerriers "invulnérables" au secours du suffrage universel !?
Nous voilà rassurés : notre système politique préféré est entre de bonnes mains...
Nos esprits occidentaux, rationnels et moqueurs, sont prompts à relever narquoisement l'incompatibilité radicale entre "démocratie" et "magie". Par exemple, une personne invisible et pas trop grosse pourrait violer la confidentialité du vote en squattant l'isoloir. Quand à la téléportation, elle gonflerait artificiellement la participation les jours de pluie.
Bref, la démocratie n'a que faire des guerriers invulnérables de la Garda Bangsa (qui ne commettront pas d'attentats-suicides, c'est déjà ça).
A la rigueur, ce dont a vraiment besoin une démocratie, c'est de guerriers vulnérables.
On reconnaît en effet la grandeur de l'idéal démocratique à ce que c'est le seul régime pour lequel des soldats agnostiques acceptent de mourir sans même la perspective d'une vie meilleure dans l'au-delà.
Qu'ils soient dans la plupart des cas des soldats agnostiques noirs et défavorisés en quête d'une vie meilleure là maintenant tout de suite ne devrait pas nous amener à reconsidérer la grandeur de l'idéal démocratique.
Toujours est-il que les militants magiciens de la Garda Bangsa ne rencontrent qu'un succès modéré : plus de 90% de la population de la province de Sulawesi-Sud se sont déclarés favorables à l'application de la charia lors d'un sondage effectué début 2002...
A croire qu'aux yeux de la population indonésienne, n'importe quel bigot islamiste passe pour pragmatique à côté de cette bande de mystiques démocratiquo-soufis.
Et pourtant... Je me garderai d'ironiser plus avant sur la Garda Bangsa car la France est elle-même le théâtre de rites quasi-magiques, célébrés avec une régularité effrayante !
Pire encore, c'est le processus même de renouvellement des représentants du peuple qui est le cadre de ces métamorphoses paranormales.

Je veux parler de ce mystérieux processus qui en l'espace de quelques mois conduit des candidats à la candidature à se transformer (ou pas) en candidats.
Entre-temps, ils auront été obligatoirement candidats à rien (comme dans l'expression ministérielle "Je ne suis candidat à rien, je travaille").
Ensuite, en fonction des sondages (une technique de divination qui en vaut une autre), le candidat à rien évoluera vers le candidat. Ou vers le rien.
Cela semble risqué, mais à voir l'exemple de Lionel Jospin, il faut croire qu'avoir été candidat à rien, même l'espace de quelques mois, c'était toujours mieux que de ne pas avoir été candidat tout court.
J'aurais pu clore ce paragraphe en écrivant qu'être candidat à rien, c'est toujours mieux que rien. Je ne l'ai pas fait, car à mon sens, être candidat à rien, ce n'est pas mieux ou moins bien que rien, c'est exactement pareil.
... N'en déplaise à M. Jospin, qui semble avoir goûté ce petit rien comme l'apothéose de sa vie politique. Et comme je l'aime bien, je vais lui dire :
- "Lionel"
- "Oui ?"
- "Euh non... Rien."
- "Merci ! Ca fait plaisir."
Je dois avouer que j'aurais déjà du mal à prouver à un Indonésien la rationalité des étapes préliminaires de notre grand cirque électoral. Mais alors je l'admets tout de go : à partir du deuxième tour, seule la sorcellerie peut expliquer la transformation du candidat de la gauche (ou de la droite) en candidat de tous les français...
Vous me direz, peu importe l'objet de sa candidature, ce qui compte c'est de rassembler.
Ce à quoi je vous répondrai : "Certes. Mais quel dommage que les hommes politiques ne se présentent qu'aux élections et jamais à des entretiens d'embauche."
*********************
- "J'ai regardé votre CV. Nous sommes très intéressés par votre profil. Simplement vous n'avez pas précisé la nature de votre candidature. Vous postulez pour quel poste ?"
- "Je suis le candidat de tous les Français."
- "D'accord. Pourquoi pas ? Donnez-moi une qualité et un défaut."
- "Je suis le candidat de tous les Français. Et je suis têtu."
- "Ok, c'est parfait, vous êtes engagés."
- "Je ne suis candidat à rien, je travaille."
- "Combien de temps pensez-vous me prendre pour un con ?"
- "C'est aux militants d'en décider."
Et là le type est embauché. La démocratie, c'est magique.
10:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Jakarta, Soufiste, Jospin, Sophiste



