16.06.2007
Les élections sont-elles pliées ?
Dans la série "mieux connaître son candidat UMP", je vous présente la mienne.

Un peu de travail manuel pour révéler le vrai visage de la droite locale... Un bricolage légitime car le verso de ce document avait recours à un type de manipulation bien plus pernicieuse.
Comme le rapporte l'hebdomadaire Marianne (06/06/07) :
[... Sur la profession de foi, expédiée à l'ensemble des électeurs du Xe arrondissement de Paris, la candidate UMP s'est prévalue d'un petit mot de recommandation, indûment attribué à Bernard Kouchner. « Lynda Asmani est emblématique de cette nouvelle génération de politiques qui combat pour les droits de l'homme que j'ai toujours eu à cœur » lui aurait écrit le french doctor. Non moins flatteuses, un peu plus bas sur le document, figurent quelques lignes imputées à Martin Hirsch, l'actuel Haut commissaire aux solidarités actives. L'ancien président d'Emmaüs se dit certain que « Lynda Asmani sera entendue de la majorité présidentielle dans sa lutte contre les inégalités ». De quoi troubler les électeurs de gauche, dans une circonscription où Ségolène Royal a dépassé la barre des 60%.
Seul hic : les deux intéressés n'ont tout simplement jamais écrit ni prononcé ces mots. Et l'ont fait savoir dans un démenti publié la semaine dernière. Martin Hirsch y précise même qu'il n'a « jamais rencontré cette candidate » de toute sa vie. Quant à Bernard Kouchner, la candidate reconnaît que « ce n'est pas un ami intime », qu' elle l'a déjà « rencontré » mais qu'elle ne lui a jamais « été présentée personnellement ». ...]
Une façon toute personnelle de pratiquer "l'ouverture".
10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asmani, mange, son, nez
15.06.2007
Des images insoutenables
J'analysais dans un précédent post les parallèles étranges entre l'Indonésie et le fonctionnement de la démocratie française.
J'y songe de nouveau aujourd'hui, à quelques heures du deuxième tour des législatives, alors que les partis de gauche tentent de mobiliser leurs électeurs en évoquant la menace d'un "tsunami" électoral.
Je trouve qu'il y a un certain cynisme dans cette façon d'utiliser le mot de "tsunami", un terme dont le caractère horrifique est devenu légendaire dans les circonstances tragiques que l'on sait.

Utiliser "tsunami" relève finalement d'une stratégie assez grossière, visant à implanter chez l'électeur potentiel un réflexe pavlovien de type :
UMP = Tsunami = Mort.
Comprenons-nous bien : je ne veux interdire à personne le droit d'évoquer la probable "vague bleue". Simplement je préconise l'emploi du terme "raz-de-marée" pour la désigner.
Il me semble plus adapté, car il rend justice à l'ampleur moyenne de la catastrophe qui se prépare, sans pour autant charrier dans l'imaginaire collectif des images atroces et hors de propos.
Et si l'on insiste pour parler de "tsunami" ou de "cataclysme", il faudrait pouvoir appliquer ces mots à un autre phénomène. Un phénomène aux dimensions véritablement tsunamiques, qui s'est produit pendant ces élections législatives et qui n'est certainement pas la défaite de la gauche.
Qu'ai-je en tête ?
Je veux parler de ces images insoutenables diffusées récemment au journal de 20H00 et qui font immanquablement écho à celles reçues d'Indonésie en janvier 2005
Des corps. Sans vie. Alignés sur une plage.
Imaginer les mêmes, quelques semaines auparavant, plein d'enthousiasme. Les mêmes et pourtant si différents. "On" louait leur vitalité, "on" les félicitait à tour de bras. Bon père, mari fidèle et citoyen exemplaire ! Tout cela balayé en quelques secondes. Et bien sûr, "on" garde un silence pudique sur cette douloureuse transformation, afin de ne vexer personne. Vaine pudeur : comme s'ils avaient une seule chance de revenir parmi nous...
Des corps. Sans vie. Alignés sur une plage.
Pourrissant sous le soleil, dans un état de décomposition mentale avancée, certains trouvent encore la force de délivrer une ultime parole face à la caméra qui se repaît du spectacle de leur agonie. Un dernier sursaut, une excuse, un regret ?
"Il faisait trop beau pour aller voter".

Abstentionnistes, vous êtes répugnants.
15:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : abstention, législatives


