26.06.2006

Chemin de Damas

Le café-théâtre des Blancs Manteaux (où je suis programmé jusqu'à fin août 2006) est dirigé par trois femmes. Dans le métier, elles sont sobrement baptisées "les filles des Blancs".

Le métier a le sens de la formule (en même temps, c'est son métier).

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Il y a deux mois, je me pointe devant "les filles des Blancs" avec sous le bras le projet d'affiche ci-dessus, dont j'étais très fier.

 

Mon idée de base était de faire une affiche de One-Man-Show qui ressemblerait à une affiche de néo-chanteur français : le mec mélancolique, qui porte un regard détaché sur le monde. Mais que d'un oeil.

 

Jouer sur le côté hyper classe de l'artiste n'a-qu'un oeil + sourire en coin : le pudique-réservé qui donnera tout en spectacle... Multi-facettes, dans l'under-statement.

 

Trop classe le concept.

 

D'ailleurs c'est dingue le nombre de visuels d'artistes avec un oeil en ce moment. Donc mon projet d'affiche s'inscrivait incontestablement dans une tendance lourde du showbiz.

 

 

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"Les filles des Blancs" ont pourtant trouvé que c'était très mauvais et que je pouvais rentrer chez moi refaire une affiche de One-Man-Show qui ressemblerait à une affiche de One-Man-Show, à l'extrême-limite une affiche de "néo-One-Man-Show français" si ça pouvait faire flatter mon orgueil de wannabee.

Ca partait d'une bonne intention bien sûr, elles pensaient vraiment que je courais à ma perte avec un visuel aussi peu attrayant.

Mais enfin, j'avais l'impression qu'elles se foutaient un peu de ma gueule, que tout le concept "L'oeil de Bilco mate des étals de primeurs" leur semblait bancal.  

Pourtant !!!! Honnêtement rien qu'à l'écrit, je trouve que c'est un concept qui cartonne.

 

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Ce jour-là je suis parti des Blancs Manteaux découragé, défoncé, ivre de rancoeur (j'avais bien bossé sur ce truc, et mon team - photographe, graphiste, maraîcher - s'était donné sur le projet).

Désorienté, errant dans le quartier, affeuglé, mortri, j'étais dans un pire état, cerveau au ralenti, il me fallut véritablement une heure pour trouver un falafel dans la rue des Rosiers.

Allez, j'ai vite repris le dessus. Dans ces cas-là, je connaîs mon fonctionnement, ma première urgence : trouver un sandwich bien graisseux pour alimenter le cerveau.

Une fois dans la rue des Rosiers, j'eus la nette sensation que, dans cette quête, le plus dur était passé.

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Avec toutes ces boutiques de falafel, j'avais l'embarras du choix. Ca tombe bien, je rêve de manger un falaf' depuis que je rêve d'être programmé aux Blancs Manteaux. 

J'en salivais à l'avance, me remémorant les visions fugaces de cette boule de pita fourrées aux bonnes choses. Slurp ! Souvenir de type Prouwstien...

(NB : un souvenir "de type prouwstien", c'est un souvenir de types comme moi, des types qui s'autorisent à faire des références culturelles de bâtard alors qu'ils connaissent très très mal l'oeuvre de Prouwst, mais qui en même temps le reconnaissent humblement).

Ma Madeleine à moi : quand j'allais me faire recaler à une audition aux Blancs Manteaux (environ une fois par an depuis 2001), je voyais toujours des types, l'air serein dans les rues, manger des sandwichs stylés...

Comme en plus, les consommateurs de falafel ont bien souvent des kippas sur la tête, ça rajoute à leur nourriture une aura de religiosité... Un côté manne céleste... Un truc que t'as envie de manger avec les doigts, pas pour te baffrer goulûment, mais juste parce que Jésus le faisait comme ça.

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Ce jour là j'ai donc mangé un falafel pour la première fois. Inexplicablement j'avais toujours résisté à la tentation. Peut-être parce qu'à l'époque je préférais les shawarmas. J'étais très viande en ce temps-là. Comme beaucoup de jeunes.

Bref aujourd'hui je suis très légumes, au point d'en étaler sur l'affiche de mon "One" (comme on dit dans le métier).    

Je conclue :   Ce jour là, je suis triste, rien ne va dans ma vie professionnelle, je m'asseois tout seul comme un Rémy sur un banc, je mastique pour la première fois la spécialité world de type falafel. J'ai alors une double révélation :

1) Ce sandwich est comme le creuset de l'alchimiste : le falafel-operator y transmute la boulette de pois chiche en boulette de simili-boeuf... L'aubergine révèle des arômes de travers de porcs caramélisés... Le chou rouge évoque le lambeau de kebab trempé dans le ketchup. Des légumes qui ont le goût de la barbaque : alléluia !

Ainsi il est donc possible de savourer de la viande en respectant les grands principes végétariens (et casher).

2) Malgré l'excellence du concept, "les filles des Blancs" ont raison, mon affiche n'est pas terrible.

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Commentaires

Bonjour,

Etant moi meme cuisinier spécialisé dans les falafels (falafels Maker), je tiens a apporter une précision culinaire à votre chronique journalière et culinaire sur la rue des Rosiers.

Voila, j ai bien l'impression, j'irais meme jusqu a dire le "sentiment", que votre chronique fait la part belle aux boulettes .... Alors que tout le monde sait pourtant que rien ne vaut une bonne cuisse de saucisson dans la Pita. Je m etonne donc de votre méconaissance et en profite pour vous dire a quel point je vous méprise.
En effet, nous nous connaissons cher Mr Bilco. Plus d'une fois vous etes passe à mon Falaf'Shop me réclamer mon special x-tra Falachoucroute, et je pense que comme moi vous vous souvenez de LA fois ..... LA fois où, presque nonchalament, vous avez osé me demander si la Morteau était bien dans les standards officiels de poid et longueur établis par le beth Din de Paris !!!!! Quelle Honte Mr Bilco!!!! Me faire ca à moi !!! Le meiller Falafel Maker de tt Paris ....
Sachez pour votre gouverne, espece de bouffeur de hérissons, que toutes mes morteaux sont pesées et mesurées tous les matins par mon fils le pauvre. Et que jamais chez moi un client n'a été décu par mon spécial Falachou !

Ecrit par : Strikeback | 19.07.2006

Truc de ouf Frere !


Franchement gros j'kiffe pas comment tu parles des Falafels t'as vu. Déjà quand tu vois le context au moyen, proche et pas si proche que ca finalement, Orient et ben franchement j'pense pas que c'est le moment de faire des commentaires sur les relations entre les bouffeurs de falafels et les bouffeurs de kebabs si tu vois ce que je veux dire !
Moi ds mon tiékar on respecte vénér Hamid du Kébab, le propriétaire de "Hamid Kebab", nous on va pas gazer pour connaitre la taille et le poids du mouton qu 'Hamid il a foutu ds le Keugré, on reste tranquil nous, on veut pas niquer le bénéf ac Hamid t'as vu.
Alors franchement j'voulais t'dire que t'as pas respecté le keum la, alors t'etonne pas si le mec il te trafique la morteau la prochaine fois, ou si il crache ds la pita ... tu l as vénér c normal aussi ....
Moi tu vois j aime pas la violence, mais y a des fois c'est mérité, et la jveux pas me prononcer mais je t'assure qu'il méritrait de te fumer le keumé... t as trop abusé ma gueule !
Sinon tu viens o cours de flute ce soir ?
Je t embrasse
xxx
Chill

Ecrit par : Akhénaton | 19.07.2006

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