31.03.2006

Les comiques s'affichent...

... sur tous les murs de la ville, en 4*3 dans le métro pour les plus argentés ou même sur le mobilier urbain pour les vieilles gloires qui disparaîtront bientôt et en même temps que les colonnes Morris qui les supportent encore...

Mais en même temps, leur capacité à passer inaperçu est remarquable, tant la production visuelle en la matière manque de singularité. Il suffit de comparer les affiches de spectacle d'humour à celles des groupes de musique pour mesurer le peu d'intérêt porté par l'industrie du rire à la chose graphique.

 

Prenons par exemple l'affiche du récent spectacle de Stéphane Rousseau (excellent au demeurant).

 

medium_affiche_rousseau.jpg

Je n'ai pas spécialement d'avis sur sa veste (on peut être drôle en ayant un look incertain, cf note précédente).

Typographiquement, je dirais juste qu'il y a cohérence avec les fringues.

Et sinon Stéphane a un grand sourire type "on va bien rigoler tous ensemble", mais là encore on est dans la logique d'un spectacle qui tient ses promesses, je le répète.

 

 

Par contre, je ne lui pardonnerai jamais cet énorme "One Man Show" en toutes lettres. Ca défigure l'affiche et la condamne à ne jamais être promu au rang de "poster" pour chambre d'adolescente, quelquesoit son degré d'amourachement.

Parce que :

  1. Je veux bien que Stéphane Rousseau, humoriste québecois à la base, soit encore relativement peu connu ici.
  2. Certes, il passe régulièrement à la télé accompagné de son acolyte Dubosc, mais les fangirls sus-mentionnées et toutes giglottantes croisées au Bataclan sont loin de le confondre avec Elie Semoun, croyez-moi.
  3. Il n'a ni la pose d'un rappeur, ni la coupe d'un rocker, ni la guitare d'un Gypsie King, en bref, il ne fait pas de la musique.
  4. Ok, il a un look de pasteur méthodiste pêchu.

 

... mais comme le concept de prêche évangélique à gros budget n'a heureusement pas encore franchi l'Atlantique, même en ne procédant que par élimination on en arrive à la conclusion que Stéphane Rousseau est forcément un comique, on ne voit que lui parcequ'il est tout seul, c'est une affiche pour un spectacle, mathématiquement, c'est donc un One-Man-Show.

 

 

Donc c'était pas la peine de le préciser en Wingdings 2500 Bold !

 

 

 

Métallica, Bercy le 23 mai 2006

 

CONCERT DE MUSIQUE !

 

 

 

Psg - Marseille au Parc des Princes le 23 juin 2006,

 

MATCH DE FOOTBALL ! 

 

 

... Bon, parfois, ça peut être utile de clarifier le genre de sport qui va être pratiqué.

 

 

Mais dans le cas de Rousseau, ce serait juste dommage de se priver d'un bon spectacle en craignant que les blagues soient soulignées dans le texte.

28.03.2006

De l'importance d'un attaché de presse...

Une nouvelle très encourageante : je suis en pourparler avec un café-théâtre parisien bien connu pour programmer Bilco à l'horizon de Juin. Le challenge, pour lui comme pour moi, sera de passer la barre : entre assurer les affaires courantes à la Taverne de Nesle (bar sympa avec une petite scène, 30 places, à Odéon pour ceux qui connaissent, entrée libre) le mercredi 20h00 et jouer trois soirs par semaine (pas les meilleurs forcément) dans un vrai théâtre, 15 € la place, pendant la Coupe du Monde de Foot, il y a une vraie division d'écart.

 

Deux solutions s'offrent à moi :

- Soit je me mets au boulot sérieusement en repensant de fond en comble la communication du Bilco

- Soit je mise sur une élimination précoce des Bleus ainsi que de toutes les autres favoris, en espérant que des huitièmes de finale type Corée du Sud-Angola donneront envie aux Français d'aller rigoler devant des humoristes, et pas juste en pensant sadiquement aux droits télé acquittés par TF1...

Dans l'attente de connaître l'état de forme de Zidane & co, je peux toujours commencer par réfléchir au look de scène du comique le plus dépenaillé de la place de Paris. Etat des lieux :

medium_bilconozay1.3.jpg
Convocation d'une puissante image comique, Bilco au festival de Nozay (91), Septembre 2005

 

 

Même s'il irradie de cette image une espièglerie sans égale, je ne peux m'empêcher de ne voir qu'Elle : la chemise Paul & Joe de l'été dernier...

Je passe sur la composition florale plus ou moins heureuse pour en arriver à l'essentiel : je refuse de travailler pour un comique portant cette marque ! Il se trouve que mode et communication font partie de mes dadas, et que j'ai depuis quelque temps une dent contre Paul & Joe pour cause de "Crime contre le dossier de presse"...

Je vous laisse apprécier la définition de "l'homme Paul & Joe" sur http://www.paulandjoe.com/fr/home_fr.html :

"L'homme Paul & Joe de l'été 2006 est un rocker, un vrai. A la tête d'un groupe de rock qu'il a monté avec ses copains, il se rêve Mick Jagger. En vacances avec sa bande, blouson de cuir, jean qui lui colle à la peau, il ne tarde pas à drainer des groupies."

 

Le rock revival, ça date de quand déjà ? Franz Ferdinand et consorts, c'est du tout récent où est-ce que chez Paul & Joe on serait pas un tout petit peu à la masse ? Et quand bien même il serait à la pointe de la mode (un peu leur boulot quand même...), est-ce que ça les autorise à aligner les poncifs de la virilité moyennâgeuse ? "Drainer des groupies"... ! La classe mondiale.

Mais quel est le branquignol de concepteur-rédacteur qui leur a pondu de tels clichés machistes mâtinés de travaux publics ? "Drainer des groupies"... et pourquoi pas "Abdos de béton, Paul & Joe mouillent leur chemise et terrassent les nymphos"  ou encore "Charriant un max de putes dans son sillage, Le Paulojo fait la fierté des chantiers navals de l'Atlantique" ?

 

Mais finalement rien d'étonnant de la part d'une bande de fleuristes qui nous avait déjà livré le secret de l'Homme de l'été 2005 : de mémoire ça donnait quelque chose comme :

"L'homme Paul & Joe est un pilote, un vrai. Steve Mac Queen dans Bullit, il est toujours placé en tête de la course, souvent vainqueur..."

 

Apologie de la vitesse, philosophie rock'n roll miteuse et datée (je vous le dis, le Rock aujourd'hui, c'est l'humour), l'homme Paul & Joe est surtout un gros beauf.

 

Alors Bilco, change de chemise, mets un pull ou fais toi opérer (en espérant que la femme Paul & Joe soit mieux lotie), tout mais pas ça !

Sinon je serais dans l'obligation de me venger dans le dossier de presse, à base de lieux communs, de comparaisons pertinentes et autres raccourcis Paul & Joesque:

"Héritier de Desproges et de Bourvil, il vitriole les travers de nos sociétés avec une chemise tendre & féroce blabla blabla... un humoriste, un vrai !"

Ca donne envie.

 

 

24.03.2006

Festival de Lavilledieu / Sophie Jézéquel

Autant l'avouer en préambule, à part une maxi bouteille de pinard local, le bilan de l'opération commando au festival de Lavilledieu est maigre : Bilco n'a rien gagné malgré l'abondance des prix distribués, Grand prix, Prix du public, Prix de l'auteur... Par contre d'autres comiques sont repartis cousus d'or vers Paris, une jolie breloque à la poitrine : une véritable armée mexicaine.

Je pense notamment à l'humoriste Sophie Jézéquel qui avec son "Prix de la presse Lavilledieu 2006" peut aujourd'hui enchaîner les tours de scooter à l'Arc de triomphe, voire descendre les Champs-Elysées à la façon de De Gaulle, (c'est César et Emiliano Zapata réunis !), les bras levés, sans les mains.

Avec une bègue de phrase aussi horrible à lire derrière moi, je me mets à votre place de lecteur et me sens par comparaison déjà bien soulagé d'un week-end riche en frustrations... Je peux même la jouer magnanime à base de bons conseils : attention Sophie tu vas te casser la gueule.

 

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Sophie Jézéquel Pro-file

Sur scène : Psychopathe de qualité taxidermant l'incongru, un grand classique du café-théâtre.

Dans la vie : En résidence empaillée au Bout, un p'tit café-théâtre classique, de qualité.

L'avis : Tout le contraire d'un feu de paille : Sophie a du métier et le pratique avec l'amour de l'artisan. Pas une moissonneuse-batteuse du rire industriel, elle bosse à l'ancienne, langue fourchue, pieds sur terre, tête dans les nuages. Cette fille me botte.

Comique idéale pour : Prendre le TGV avec. 5 heures de train Corail avec elle c'est comme regarder 3 comédies françaises : on rigole un peu et surtout on peut dire du mal des autres acteurs.

 

C'est donc une nana précieuse dans cet univers d'égos machos. En plus, Sophie a bossé dans la pub, donc comme moi elle sait ce que c'est de travailler gratuitement... Hein Bilco !

Si mon comique préféré et néanmoins patron pouvait me faire le plaisir de ramener du liquide sonnant et trébuchant de son prochain festival, ce serait super, parceque c'est très bien de rapporter fièrement un Jéroboam de Château-Lavilledieu, mais pour mes 10% c'est pas évident à partager...

A la vôtre !

16.03.2006

Ouverture de la saison des festivals

Certains humoristes sont déjà des stars dont les frasques s'étalent dans la presse à scandales et les frusques sur le pont du yacht (je pense en particulier à une couverture people de l'été dernier).

Ce n'est pas exactement  mon plan d'attaque média pour Bilco, ou alors il faudrait la jouer hyper second degré, une photo bien floutée de lui en slip de bain dans une barque, gros titre "Cet homme va vous faire rire, mais pour l'instant il rame...". Mais simplement, je remarque que le fait de voir de l'humoriste bedonnant en couverture de magazine people est un indice supplémentaire que le business de l'humour devient une sorte de phénomène Rock'n roll, un système starisant à outrance certes, mais starisant quand même (et ce ne sont pas les nymphettes groupies louées avec le yacht qui me contrediront).

Comedy is the new rock'n roll, fucking yeahhhhhh, d'ailleurs je pars dans l'instant avec Bilco direction le festival de La Villedieu le Temple (près de Montauban).

Sur l'échelle de la rock'n roll attitude c'est modeste, on va dire aux alentours de 55 dB, mais c'est quand même On the Road sur 4 jours, avec des fêtes, des blagues, 2 tours de compétition avec seulement les 4 meilleurs comiques retenus pour la grande finale du samedi soir, et là encore une fête de clotûre, avant de repartir sur Paris, déchiré dans le Corail... Ma présence de type "Roadie à tout faire" aux côtés de Bilco rajoutant encore une touche au tableau "Groupe de rock en tournée".

On est que deux, mais on en veut à mort, c'est le premier festival français de Bilco, il rêve de scorer le filet garni du vainqueur, et quant à moi je ne rentre pas de La Villedieu le Temple sans lui avoir décroché un article dans le journal local.

 

Et s'il le faut, nous aussi, on enlèvera nos vêtements.

14.03.2006

Mise en orbite

Ce que je vous propose pour ce premier post, c'est qu'on y aille doucement sur les présentations et qu'on rentre dans le vif du sujet.

(Relisez cette phrase : elle veut dire exactement le contraire de ce que j'avais en tête... Ca commence bien).

 

Pour être bref :

Moi : UTA 

Lui : Bilco, comique

Ma mission (où quand et pourquoi je l'ai acceptée : patience...) : lui donner un coup de main pour qu'il gagne de l'argent avec ses blagues.

Voilà c'est très business comme approche, mais on va pas tourner autour du pot : à lui le côté artistique de la chose, je me charge du reste. 

En résumé, nous avons tous les deux une relation strictement professionnelle et en même temps, je suis bénévole.

Ca s'appelle de l'esclavage ; bienvenue sur mon blog.

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